ROAS: séparez vos campagnes marque pour une croissance réelle

ROAS: séparez vos campagnes marque pour une croissance réelle

Table des matières

ROAS élevé, croissance limitée ? Pourquoi séparer vos campagnes de marque et hors-marque change tout

🎯 Le ROAS (Return On Ad Spend) est souvent la star des tableaux de bord. Pourtant, un ROAS brillant peut masquer une réalité plus nuancée : une grande partie de votre budget sert parfois à capter une demande déjà acquise plutôt qu’à créer une nouvelle demande. La confusion entre trafic de marque et trafic hors-marque est l’un des principaux coupables. En séparant clairement ces deux univers, vous gagnez en contrôle, en lisibilité et, surtout, en capacité de croissance durable.

Dans cet article, nous expliquons pourquoi le mélange marque/hors-marque gonfle artificiellement le ROAS, comment structurer des campagnes qui favorisent l’acquisition de nouveaux clients, et quelles métriques adopter pour piloter la performance réelle de votre marketing. 🚀

Pourquoi un bon ROAS peut être trompeur

Le paradoxe d’un ROAS élevé

💡 Un ROAS élevé n’est pas automatiquement synonyme de croissance. Lorsque vos campagnes ciblent les recherches liées à votre marque (ex. : “nom de votre marque + produit”), les clics coûtent moins cher, les taux de conversion sont supérieurs, et les ventes semblent “faciles”. C’est mathématiquement gagnant pour le ROAS… mais ce sont souvent des clients déjà convaincus ou en fin de parcours. Vous payez alors pour des ventes qui auraient, en partie, eu lieu sans publicité.

À l’inverse, les requêtes hors-marque (ex. : “type de produit générique”, “problème à résoudre”) sont plus compétitives, plus chères et convertissent moins vite. Pourtant, elles nourrissent votre pipeline de nouveaux acheteurs et augmentent vos parts de marché. Si vos campagnes mélangent les deux, l’algorithme privilégie ce qui maximise le ROAS à court terme : la marque. Résultat : vous vous privez d’un levier d’acquisition puissant.

Automatisation et mélange des intentions : le biais invisible

🤖 Qu’il s’agisse de Search, Shopping ou Performance Max, les systèmes d’enchères automatisées poursuivent l’objectif que vous leur fixez. Si vous optimisez vers un tROAS ambitieux dans une campagne qui contient à la fois de la marque et du hors-marque, la machine identifiera rapidement le “chemin le plus facile” : les requêtes de marque. Vous verrez un superbe ROAS, mais vos catégories stratégiques hors-marque resteront sous-exposées. Ce biais s’auto-entretient : bonne performance sur la marque → plus de budget alloué → encore meilleure performance apparente.

Ce phénomène peut aussi fausser l’attribution. Les campagnes de marque captent souvent l’impact d’autres canaux (TV connectée, influence, social, PR) qui ont généré la notoriété. Sans dispositif d’incrémentalité ou de Marketing Mix Modeling (MMM), elles récoltent le crédit, renforçant l’illusion d’un ROAS “imbattable”.

Séparer marque et hors-marque : la stratégie gagnante

Ce que vous gagnez en segmentant correctement

🧩 Séparer vos campagnes par intention (marque vs hors-marque) vous apporte :

• Une mesure claire : vous distinguez le ROAS de captation (marque) du ROAS d’expansion (hors-marque).
• Un contrôle budgétaire : vous fixez des plafonds à la marque et réorientez l’investissement vers l’acquisition.
• Un ciblage précis : chaque campagne porte des messages et des créations alignés sur l’étape du parcours client.
• Une optimisation pertinente : vous attribuez des objectifs adaptés (tROAS pour la marque, nCAC ou volume pour l’hors-marque).
• Une vraie capacité à scaler : le hors-marque et la prospection gagnent en visibilité et en volumes.

Architecture de compte recommandée

🏗️ Pour garder une structure lisible et performante :

• Search Marque (exact et expressions) : campagnes dédiées aux termes de marque, budgets plafonnés, annonces orientées conversion immédiate et protection de l’espace concurrentiel.
• Search Hors-marque (segmentée par intention et catégories) : campagnes par thématique de produit ou problème, avec mots-clés génériques et correspondances larges contrôlées.
• Performance Max Prospection : alimentation par signaux d’audience froids, exclusion de la marque, créations “full-funnel”.
• Performance Max Marque (optionnelle) : si nécessaire, pour capter la demande de marque omnicanale, budget limité et contrôles stricts.
• Shopping/Standard/PMAX Retail : flux produit segmenté par marge, catégorie ou potentiel d’acquisition, avec labels personnalisés (prix, marge, nouveauté).
• Remarketing/CRM : campagnes séparées pour le retargeting et l’activation CRM (listes clients, RLSA), avec objectifs et fréquences spécifiques.

Comment paramétrer vos campagnes pour un ROAS sain

Search : des règles simples, des effets massifs

🔍 Pour la marque :
• Ciblez en exact et expression vos principaux termes de marque et variantes officielles.
• Mettez des annonces très claires, avec extensions orientées conversion (prix, avis, sitelinks vers top catégories).
• Fixez un budget plafond et un tROAS ou tCPA ambitieux, sans chercher à “scaler”. L’objectif : capter efficacement sans cannibaliser l’organique.

Pour l’hors-marque :
• Créez des groupes par intention (problème, solution, catégorie, concurrent générique).
• Utilisez une correspondance large+signaux d’audience pour ouvrir le reach, tout en ajoutant des mots-clés négatifs de marque à l’échelle de la campagne.
• Évitez de démarrer avec un tROAS trop élevé. Préférez un tCPA, un Maximize Conversions avec un cap, ou un tROAS progressif. Le but : permettre l’exploration et l’apprentissage.

Performance Max : garder la maîtrise

🛠️ Avec PMax, imposez des garde-fous :
• Utilisez la fonctionnalité d’exclusion de marques pour empêcher la captation des requêtes brand dans vos campagnes de prospection.
• Désactivez l’expansion d’URL non désirée si vous avez des pages à éviter, et imposez des pages de destination alignées par intention.
• Fournissez des signaux d’audience axés “nouveaux clients” (lookalike de meilleurs clients, segments d’intérêts, exclusions CRM).
• Créez des assets dédiés au haut/milieu de funnel (USP, bénéfices, preuve sociale), distincts des messages “dernier clic”.

Shopping et flux produit : segmenter pour performer

🛍️ Segmentez votre inventaire via des étiquettes personnalisées : marge, prix, saisonnalité, statut “nouveau produit”, potentiel d’acquisition. Alimentez des campagnes distinctes : une pour la marque/produits best-sellers (budget contrôlé), une autre orientée visibilité hors-marque et tests (budget d’exploration). Synchronisez vos objectifs (tROAS moins agressif côté exploration) pour laisser l’algorithme découvrir des requêtes incrémentales.

Remarketing vs prospection : ne mélangez jamais

♻️ Le reciblage gonfle mécaniquement le ROAS. Séparez-le strictement de la prospection et pilotez des KPIs différents : fréquence, coût par réactivation, revenu incrémental chez les clients existants. Gardez un plafond de budget pour éviter la surexposition et les ventes “assistées” non incrémentales.

Mesurer au-delà du ROAS : les bons KPIs pour piloter la croissance

Quels KPIs selon le type de campagne ?

📊 Marque :
• ROAS de capture, taux d’impressions sur top termes, part de clic face aux concurrents, cannibalisation SEO (part organique sur vos requêtes marque).
• Objectif : efficacité et protection, pas croissance.

Hors-marque et prospection :
• New Customer ROAS (ROAS sur nouveaux clients uniquement), nCAC (coût d’acquisition net), taux de nouveaux clients, MER (Media Efficiency Ratio = CA/Coût média total).
• LTV/CAC à 90 jours ou 6 mois si vous avez des ré-achats significatifs.
• Objectif : incrémentalité et volume utile.

Remarketing/CRM :
• ROAS de réactivation, fréquence moyenne, uplift vs groupe de contrôle, marge incrémentale (POAS si pertinent : profit sur ad spend).

Tester l’incrémentalité

🧪 Pour valider que votre ROAS traduit une vraie valeur business :
• Tests géographiques par paires (Geo Lift) : zones test vs contrôle pour isoler l’impact incrémental.
• Holdout CRM : mettez de côté une partie des audiences pour mesurer l’uplift du remarketing ou des campagnes marque.
• MMM léger (ou MMM hybride) : modélisez l’effet des canaux offline/online sur la demande de marque et réconciliez avec vos données d’attribution.

Budget, enchères et signaux : trouver l’équilibre

Allouer le budget sans sacrifier l’acquisition

💸 Fixez dès le départ des plafonds à la marque (ex. : 10–20 % du budget search), et réallouez l’excédent vers l’hors-marque. Augmentez graduellement les budgets sur les campagnes qui prouvent un nCAC soutenable ou un New Customer ROAS solide. Évitez de restreindre trop tôt l’exploration avec un tROAS élevé ; passez sur un objectif de volume (Maximize Conversions/Value) avec des garde-fous, puis resserrez une fois la data stabilisée.

Alimenter les algorithmes en signaux de qualité

🧠 Vos enchères apprennent de vos signaux. Soignez :
• Le tracking serveur (server-side) et les conversions améliorées pour limiter la perte de signal.
• Les conversions importées offline (ventes en boutique, LTV court terme) pour récompenser les prospects de meilleure qualité.
• Les listes d’exclusion (clients existants, SAV, faibles marges) pour concentrer la prospection sur la valeur future.

Exemple chiffré : quand le ROAS ment (et comment le corriger)

Avant séparation

📉 Un e-commerçant dépense 100 000 € / mois sur Search + PMax, mélange marque et hors-marque, annonce un ROAS global de 6. En réalité : 65 % du spend alimente la marque, avec un ROAS de 10, tandis que le hors-marque plafonne à 2 et ne capte que 35 % du budget. Les ventes progressent faiblement (+5 %/an) et la part de nouveaux clients stagne à 28 %.

Après séparation et réallocation

📈 En isolant la marque (budget plafonné à 15 % du total), en excluant la marque de PMax Prospection et en abaissant le tROAS initial de l’hors-marque pour ouvrir l’exploration, la part de budget hors-marque passe à 55 % en 8 semaines. Le ROAS global “baisse” de 6 à 4,8 ; pourtant : le chiffre d’affaires total progresse de 22 %, la part de nouveaux clients monte à 41 % et le MER s’améliore grâce à une hausse de la valeur vie client. Conclusion : un ROAS global inférieur, mais une croissance rentable supérieure.

Erreurs fréquentes à éviter

Mélanger retargeting et prospection

⚠️ Le retargeting gonfle le ROAS et cannibalise les ventes naturelles. Séparez, plafonnez, appliquez des fenêtres d’exclusion (ex. : exclure 3 à 7 jours post-achat selon vos cycles).

Ne pas exclure la marque des campagnes de prospection

🚫 Ajoutez des mots-clés négatifs de marque sur Search hors-marque, et des exclusions de marque sur PMax Prospection. Vérifiez régulièrement les rapports d’insights de requêtes et ajustez.

Indexer toute la stratégie sur le ROAS

📏 Remplacez le “ROAS à tout prix” par un portefeuille de KPIs : nCAC, New Customer ROAS, MER, LTV à 90 jours. Le ROAS reste utile, mais contextuel.

Ignorer la marge et la rentabilité réelle

💼 Quand c’est possible, passez au POAS (Profit On Ad Spend) sur vos catégories à marge volatile. Un ROAS élevé sur un produit à faible marge peut détruire la profitabilité.

Oublier la cannibalisation SEO

🔎 Sur la marque, surveillez la part organique. Si vous dominez le top 1 organique sur certaines requêtes brand et que la concurrence SEA est faible, limitez vos enchères ou adaptez vos annonces pour compléter (extensions, promos temporaires).

Plan d’action en 30 jours pour un ROAS aligné avec la croissance

Semaine 1 : Audit et cadrage

🧭 Cartographiez la répartition actuelle du budget : marque vs hors-marque vs remarketing. Exportez les termes de recherche, identifiez les infiltrations de marque dans les campagnes de prospection, mesurez la part de nouveaux clients et le MER. Cadrez vos objectifs : part de budget cible, nCAC cible, New Customer ROAS minimal.

Semaine 2 : Refonte de la structure

🏗️ Créez des campagnes distinctes : Search Marque (exact/expression), Search Hors-marque par thèmes, PMax Prospection avec exclusions de marque, Remarketing/CRM séparés. Mettez en place des mots-clés négatifs exhaustifs et des listes d’exclusion d’audiences.

Semaine 3 : Signaux, créations et suivi

🎨 Alimentez PMax Prospection avec des signaux d’audience de qualité et des assets orientés découverte. Implémentez les conversions améliorées, importez des conversions offline si possible, et paramétrez votre suivi New vs Returning Customer. Configurez des tableaux de bord par type de campagne avec KPIs adaptés (ROAS, nCAC, MER, taux de nouveaux clients).

Semaine 4 : Pilote et tests

🧪 Relâchez progressivement les contraintes sur l’hors-marque (objectifs de valeur/volume plutôt que tROAS strict), montez les budgets selon la preuve par les data. Lancez un test géographique simple sur la marque ou le remarketing pour mesurer l’uplift et valider votre modèle d’attribution. Documentez vos apprentissages et ajustez les caps budgétaires.

FAQ express

Dois-je arrêter d’acheter ma marque ?

🛡️ Non, mais plafonnez le budget et surveillez la cannibalisation. Achetez la marque pour protéger votre territoire face aux concurrents, animer vos messages (promos, USP), et capter les requêtes à forte intention. Le tout sans absorber une part démesurée de votre spend.

Le ROAS de mes campagnes baisse après la séparation : est-ce grave ?

📉 C’est attendu. Votre ROAS global peut reculer car vous réinvestissez dans le hors-marque. Suivez l’évolution du chiffre d’affaires, du taux de nouveaux clients, du MER et de la LTV. Si ces indicateurs progressent, vous êtes sur la bonne trajectoire.

Comment éviter que PMax “reprenne” la marque ?

🧰 Utilisez les exclusions de marque dans PMax Prospection, verrouillez l’expansion d’URL si besoin, limitez le budget de la campagne PMax Marque (si vous la conservez), et auditez les insights de recherche chaque semaine pour ajouter des exclusions.

Quel objectif d’enchères choisir pour l’hors-marque ?

🎯 Démarrez avec Maximize Conversions/Value (avec cap) ou tCPA raisonnable pour favoriser l’exploration. Passez ensuite à un tROAS progressif quand le volume est stable et que la qualité est confirmée (nCAC, taux de nouveaux clients, LTV).

Conclusion : un ROAS plus intelligent pour une croissance durable

🌱 Poursuivre un ROAS “parfait” au détriment de l’acquisition est un mirage. En séparant strictement vos campagnes de marque et hors-marque, en ajustant vos objectifs par intention et en mesurant l’incrémentalité, vous reprenez le contrôle du budget et alignez vos investissements sur la croissance réelle. Le résultat : des tableaux de bord plus honnêtes, des décisions plus sûres et une entreprise qui gagne en parts de marché, aujourd’hui comme demain. 🚀

Le ROAS n’est pas l’ennemi : mal utilisé, il vous égare ; bien encadré, il devient un indicateur puissant au service d’une stratégie orientée valeur, nouveaux clients et rentabilité. À vous de jouer. 💪

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Image de Patrick DUHAUT

Patrick DUHAUT

Webmaster depuis les tous débuts du Web, j'ai probablement tout vu sur le Net et je ne suis pas loin d'avoir tout fait. Ici, je partage des trucs et astuces qui fonctionnent, sans secret mais sans esbrouffe ! J'en profite également pour détruire quelques fausses bonnes idées...