Core Web Vitals : les plateformes propriétaires dominent les CMS

Core Web Vitals : les plateformes propriétaires dominent les CMS

Table des matières

Web Vitals : les plateformes propriétaires dominent, l’open source à la traîne en novembre 2025

Les Web Vitals sont devenus l’un des repères les plus concrets pour juger la qualité d’expérience d’un site. Et les derniers chiffres du Core Web Vitals Technology Report (novembre 2025) confirment une tendance qui fait débat : les plateformes propriétaires en “tout-en-un” dominent le classement, tandis que les systèmes open source ferment la marche. Ce constat, fondé sur des données de terrain et des tests en laboratoire, pose une question stratégique aux éditeurs, agences et SEO : votre choix de CMS vous aide-t-il à réussir vos Web Vitals ou vous met-il des bâtons dans les roues ? 🚀

Dans cet article, nous analysons les résultats, expliquons le mode de collecte, détaillons les forces et faiblesses structurelles de chaque famille de CMS, et proposons un plan d’action pragmatique pour faire passer vos Web Vitals au vert, quelle que soit votre stack. Objectif : transformer ces métriques en avantage concurrentiel mesurable pour votre UX, votre SEO et vos conversions. ⚡

Rappel express : que mesurent les Core Web Vitals ?

Les Core Web Vitals sont un petit ensemble de métriques centrées utilisateur que Google utilise pour qualifier la vitesse perçue, la réactivité et la stabilité visuelle d’un site, sur de vrais appareils et de vraies connexions. Bien qu’ils ne soient qu’un facteur mineur de classement, ils influencent directement l’engagement, le taux de rebond, la conversion et, au final, vos revenus. Voici les piliers à surveiller en 2025 :

LCP (Largest Contentful Paint) – vitesse de chargement perçue

Il mesure le temps nécessaire pour afficher l’élément principal du viewport (image héros, bloc texte majeur). Seuil conseillé : ≤ 2,5 s. Les principaux leviers : optimiser l’image héros, précharger ses ressources (preload), servir des images responsive et WebP/AVIF, minimiser le CSS bloquant le rendu, améliorer le TTFB via cache et CDN.

INP (Interaction to Next Paint) – réactivité

Remplaçant de FID, l’INP observe la latence globale entre l’action de l’utilisateur (clic, tap, saisie) et le rendu suivant. Seuil conseillé : ≤ 200 ms. Les leviers majeurs : réduire l’empreinte JavaScript, découper le code, différer les scripts non critiques, limiter les tâches longues, hydrater à la demande et optimiser les tiers (tags, widgets, chat, analytics).

CLS (Cumulative Layout Shift) – stabilité visuelle

Le CLS quantifie les décalages de mise en page. Seuil conseillé : ≤ 0,1. Pour le contenir : réserver de l’espace pour les images et publicités, utiliser des dimensions width/height explicites, éviter l’injection tardive d’éléments, charger les polices avec font-display : swap et stabiliser les iframes publicitaires.

Comment les données Web Vitals sont collectées

Le rapport combine deux sources publiques complémentaires :

– Chrome UX Report (CrUX) : données de terrain anonymisées provenant des utilisateurs de Chrome ayant accepté le partage de stats. C’est la mesure “réelle”, sur vos audiences, appareils et réseaux. 📊

– HTTP Archive : tests en labo normés qui décortiquent les pages (poids, scripts, pratiques de performance). C’est la radiographie technique qui explique les causes probables d’une bonne ou mauvaise santé.

En agrégeant ces sources, le rapport dresse un panorama par CMS du pourcentage de sites qui passent les seuils des Core Web Vitals. Attention : il s’agit de moyennes à l’échelle des écosystèmes. Un site optimisé peut dépasser largement la moyenne de sa plateforme… et l’inverse est tout aussi vrai.

Classement Web Vitals – novembre 2025 : le podium et les challengers 🏁

Le rapport de novembre 2025 met en évidence un écart significatif entre les solutions propriétaires et les solutions open source. Voici les grandes lignes :

#1 Duda : 84,87 % de sites au vert 🏆

Duda conserve la tête avec plus de 4 sites sur 5 qui passent les Web Vitals. La plateforme capitalise sur une stack maîtrisée (hébergement, CDN, templates, pipeline d’optimisation) et des choix techniques cohérents à grande échelle. Résultat : un niveau de performance homogène, même pour des utilisateurs non spécialistes.

#2 Wix : 74,86 % ✅

Wix confirme sa progression, à près de 75 % de réussite. L’effort continu sur le bundling, l’optimisation des médias, l’infrastructure CDN, et des garde-fous automatiques côté JS expliquent en grande partie cette position solide, juste derrière Duda.

#3 Squarespace : 70,39 % ✅

Squarespace franchit le seuil des 70 %, fermant un trio de tête 100 % propriétaire. Là aussi, la combinaison “stack contrôlée + bonnes pratiques imposées” procure des Web Vitals solides par défaut sur une large base de sites.

#4 Drupal : 63,27 % 🧩

Premier CMS open source du classement, Drupal affiche un taux de réussite supérieur à 60 %. Sa nature plus “entreprise”, la qualité des implémentations et des agences spécialisées, ainsi que des hébergements managés performants, contribuent à cette position médiane.

#5 Joomla : 56,92 % 🧩

Joomla dépasse la barre des 50 %, mais reste loin du trio de tête. La dispersion des pratiques, des templates et des environnements d’hébergement pèse sur la cohérence des performances.

#6 WordPress : 46,28 % ❗

WordPress ferme la marche, sous la barre des 50 %. L’écart avec Joomla avoisine les 10 points, et la distance avec Duda approche 39 points. Ce n’est pas un plafond technique du CMS – des sites WordPress peuvent exceller – mais un signal fort sur l’impact de l’écosystème (thèmes, plugins, hébergement) et de la mise en œuvre.

Pourquoi un tel écart entre propriétaire et open source ?

1) Contrôle de la pile et garde-fous techniques

Les plateformes propriétaires contrôlent le thème de base, l’hébergement, le CDN, le pipeline d’images, les polices, le chargement JS et les patterns d’hydratation. Elles imposent automatiquement des optimisations (compression, resizing, lazy-load, preconnect) et limitent les contre-performances structurelles. Cette cohérence réduit fortement le risque de dérive des Web Vitals. 🔧

2) Écosystèmes de plugins et thèmes (variabilité vs qualité)

En open source, la liberté est un atout… et un risque. Le cumul de thèmes, builders, plugins et trackers peut générer surcharge JS/CSS, conflits et duplication. Sans gouvernance (budget de perf, revues régulières), l’INP explose, le LCP stagne et le CLS dérive. A contrario, un site maîtrisé, avec un socle léger et des plugins triés, peut rivaliser avec le propriétaire.

3) Hébergement, CDN et TTFB

Le temps au premier octet (TTFB) influence directement le LCP. Les stacks propriétaires intègrent souvent un edge CDN, du cache agressif et un routage optimisé. En open source, le choix d’un hébergeur adapté (cache serveur, HTTP/2/3, Brotli, isolation, autoscaling) fait toute la différence. Un TTFB de 800 ms vs 200 ms, c’est un LCP qui bascule du jaune au vert. 🌐

4) Standards de performance et certification

Les plateformes propriétaires déploient des “rails” : gabarits CLS-safe, quotas d’apps, optimisations obligatoires, tests à la publication. Les écosystèmes open source gagneraient à instituer des labels de performance pour thèmes/plugins, avec tests automatisés (taille JS, delays d’interaction, CLS), afin d’élever la base et réduire la variance. ✅

Le CMS influence-t-il vraiment le SEO ?

Oui… et non. Oui, car un CMS peut faciliter ou freiner la performance, la propreté technique, la gestion de l’indexation et des données structurées. Non, car aux yeux de Google, les Web Vitals restent un signal parmi d’autres, et plutôt mineur. En clair : un site très pertinent, bien maillé et populaire peut surclasser un concurrent “plus rapide”. Mais ignorer les Web Vitals, c’est renoncer à des gains immédiats d’engagement et de conversion. ⚖️

La vraie question n’est donc pas “quel CMS se positionne le mieux”, mais “à effort constant, quelle stack me donne un avantage statistique pour atteindre de bons Web Vitals et maintenir ce niveau dans le temps ?”. Et sur ce point, les plateformes propriétaires partent avec une longueur d’avance par défaut. Cela n’empêche pas un WordPress ou un Drupal discipliné d’être exemplaire.

Améliorer vos Web Vitals : conseils transverses (tous CMS)

– LCP : servez l’image héros en AVIF/WebP, preload + sizes/dimensions, inline critical CSS, minifiez CSS/JS, activez HTTP/3 + Brotli, mettez un CDN proche des utilisateurs. 🖼️

– INP : supprimez le JS non utilisé, fractionnez les bundles, différés/async systématiques, évitez les tâches > 50 ms, hydratez à l’interaction, limitez les tags tiers, virtualisez les listes. ⚙️

– CLS : réservez l’espace des images/iframes/ads, évitez l’injection tardive, utilisez font-display : swap, stabilisez vos composants (accordéons, sliders, sticky). 📐

– Ressources : preconnect vers les domaines critiques, preload polices et image héros, lazy-load en dessous de la ligne de flottaison, cache long sur assets fingerprintés.

– Data : monitor RUM (CrUX, GA4), segmentez mobile vs desktop, concentrez-vous sur les modèles de pages à fort trafic et revenus d’abord. 🔍

Boîte à outils par CMS : quick wins qui bougent l’aiguille

WordPress : passez de “moyenne” à “excellente” performance 🛠️

– Thème : privilégiez un thème léger, sans surcouche builder lourde. Évitez les multipurpose monolithiques. Un thème “core + pattern” est souvent gagnant.

– Plugins : moins, c’est mieux. Auditez l’impact JS/CSS de chaque plugin (Coverage dans DevTools). Remplacez les Swiss Army Knives par des utilitaires ciblés. Mettez à jour et supprimez le reste.

– Cache/serveur : activez le page caching côté serveur, un objet cache (Redis/Memcached), optez pour HTTP/3 et Brotli. Un hébergeur managé WordPress performant fait la différence.

– Images : génération AVIF/WebP, tailles responsive, lazy-load raisonné, CDN avec resizing à la volée. Préchargez l’image héros.

– JS : différer/async, découper, éviter la minification agressive qui casse, charger les tiers après interaction quand c’est possible (consentement + performance).

Drupal/Joomla : standardisez, industrialisez, documentez

– Distribution : partez d’un “starter kit” interne certifié perf (thème, composants CLS-safe, patterns de chargement, budgets Lighthouse).

– CI/CD : tests automatiques de taille de bundle, de CLS et d’INP sur les PR. Bloquez le déploiement si dépassement.

– Hébergement : mutualisez des pratiques d’infra : cache edge, HTTP/3, CDN, images optimisées, isolation des ressources lentes.

– Gouvernance : charte d’intégration plugins/modules et de balisage des polices, images, iframes publicitaires. Formation des contributeurs.

Duda, Wix, Squarespace : capitaliser sur les atouts natifs

– Utilisez les gabarits recommandés (CLS-safe), activez toutes les optimisations automatiques proposées (images, lazy, compressions), limitez le nombre d’apps/embeds tiers.

– Surveillez l’INP : même sur des stacks optimisées, l’accumulation de widgets peut alourdir le thread principal. Mesurez et arbitrez.

– Personnalisation : préférez des sections natives aux inserts HTML/JS custom dès que possible. Moins de code custom = plus de Web Vitals au vert. ✅

Mesurer, diagnostiquer, piloter : le nerf de la guerre 📈

– PageSpeed Insights : combine lab (Lighthouse) et field (CrUX). Utile pour prioriser par template.

– Lighthouse dans Chrome : idéal pour tester en local, simuler des conditions réseau, auditer les opportunités.

– WebPageTest : analyses avancées (filmstrip, waterfalls, CPU), test multi-localisation.

– CrUX : dashboard Looker Studio pour suivre vos Web Vitals réels sur 28 jours glissants, segmenter mobile/desktop.

– GA4/BigQuery (RUM maison) : instrumentez le réel, par page-type, par marché, par device. Corrélez performance et conversion.

Bonnes pratiques : isolez les modèles de pages (home, PLP, PDP, article, formulaire), traquez les régressions à chaque déploiement, mettez en place des budgets de performance et des alertes. 🔔

Feuille de route 90 jours pour passer au vert

Jours 0–30 : diagnostic et fondamentaux

– Établissez la baseline via CrUX/PSI par modèle de page.

– Corrigez les quick wins : dimensions médias, préchargement image héros/polices, compression Brotli, upgrade HTTP/3, cache serveur/CDN.

– Débarrassez-vous du superflu : plugins/applications non essentiels, tags tiers inutilisés, widgets redondants.

Jours 31–60 : réduire le coût JavaScript et stabiliser

– Fractionnez les bundles, chargez à la demande, différés/async systématiques, éliminez le JS non utilisé.

– Remplacez les composants causant des décalages par des versions CLS-safe. Stabilisez les blocs ads/iframes.

– Normalisez l’optimisation des images (format, tailles, CDN), mettez en place un pipeline automatisé.

Jours 61–90 : industrialiser et verrouiller

– Ajoutez des tests de perf à la CI (budgets LCP/INP/CLS, taille JS). Bloquez les régressions.

– Documentez les patterns d’intégration (polices, scripts tiers, composants interactifs).

– Installez un monitoring RUM, fixez des SLOs (ex. 75 % des vues mobiles ≤ 2,5 s LCP, ≤ 200 ms INP).

Lecture des résultats : ce que disent vraiment ces chiffres

Le top 3 (Duda, Wix, Squarespace) montre qu’un cadre propriétaire bien pensé fournit d’excellents Web Vitals “par défaut”. À l’inverse, l’open source affiche une forte variance : de très bons sites cohabitent avec des implémentations lourdes. La position de WordPress rappelle que la liberté sans gouvernance de performance se paie cash en INP, LCP et CLS. Cela n’invalide pas WordPress : cela oblige à une discipline outillée.

Pour les décideurs, la question est donc d’arbitrer entre : 1) une plateforme propriétaire où la performance est “intégrée” et fortement encadrée ; 2) un CMS open source qui nécessite une équipe formée, des process et des budgets clairs pour atteindre – et garder – d’excellents Web Vitals. 🎯

Conclusion : les Web Vitals, un levier business avant tout

Considérez les Web Vitals comme un proxy d’expérience utilisateur, pas comme un simple quota SEO. En novembre 2025, les plateformes propriétaires affichent un net avantage statistique, mais nulle fatalité : un site open source bien construit peut rivaliser au plus haut niveau. L’essentiel est de mettre en place une stratégie de performance durable : choix technologiques éclairés, pipeline d’optimisation, gouvernance stricte des thèmes/plugins/tiers, et monitoring continu.

À la clé : des pages plus rapides, des interactions plus fluides, des interfaces stables – et des utilisateurs plus heureux. Vos KPIs de conversion et de fidélisation s’en ressentiront, que Google comptabilise beaucoup ou peu vos Web Vitals dans le ranking. Faites-en un avantage compétitif mesurable. 🚀✅

En résumé : que vous soyez sur Duda, Wix, Squarespace, Drupal, Joomla ou WordPress, vos Web Vitals se gagnent jour après jour par la méthode. Choisissez une stack qui favorise la performance, donnez-vous des garde-fous, et instrumentez tout. Le reste suivra. 💪

Source

Image de Patrick DUHAUT

Patrick DUHAUT

Webmaster depuis les tous débuts du Web, j'ai probablement tout vu sur le Net et je ne suis pas loin d'avoir tout fait. Ici, je partage des trucs et astuces qui fonctionnent, sans secret mais sans esbrouffe ! J'en profite également pour détruire quelques fausses bonnes idées...